Micro-entrepreneur et micro-entreprise

Nombre de création de micro-entreprises

Les chiffres de la création d’entreprises en France sont très importants car ils ont un impact direct sur le nombre de chômeurs. Inciter à la création d’entreprise, c’est souvent inciter des chômeurs à créer leur propre emploi, et surtout à sortir des chiffres publiés par le Pôle Emploi. Pour cela, le statut simplifié de la micro-entreprise doit être réformé pour conserver toujours son attractivité.

Chiffres 2015 de la création d’entreprises

Durant l’année 2015, un total de 525.000 entreprises et sociétés nouvelles ont été créées.

C’est un chiffre important mais qui montre une baisse de près de 5% par rapport à l’année précédente.

Or c’est le nombre de création de micro-entreprises qui explique essentiellement cette baisse. On constate en effet que :
- Le nombre de création de micro-entreprises a diminué en 2015 de plus de 20%, alors que les créations d’entreprises individuelles (hors régime micro) ont augmenté dans le même temps de 27%, et le nombre de sociétés créées durant l’année a quant à lui aussi légèrement augmenté.
- La part des micro-entreprises dans le total des entreprises créées recule, et représente 42% en 2015 de l’ensemble des créations d’entreprises, contre 52% en 2014.

Malgré tout, il faut noter que le statut de micro-entrepreneur demeure un succès dans la mesure où, avant son lancement en 2009, durant l’année 2008 par exemple, le nombre d’entreprises créées était de l’ordre de 300.000. Le statut d’auto-entrepreneur a donc boosté les créations d’entreprises.

Il existait à la fin de l’année 2014 encore 980.000 micro-entrepreneurs.

Pourquoi une baisse en 2015 ?

Pourquoi moins de micro-entreprises en 2015 ?

Il semble que les obligations nouvelles qui pèsent sur les micro-entrepreneurs ont découragé ceux pour lesquels leur petite activité secondaire avait financièrement aucune importance pour eux. Ainsi, plutôt que de s’immatriculer avant la fin décembre 2015 (au RCS pour les commerçants et à la chambre des métiers pour les artisans), de nombreux micro-entrepreneurs ont préféré plus simplement supprimer leur entreprise.

Mais en ce qui concerne plus précisément la création de micro-entreprises, le stage obligatoire imposé préalablement à toute immatriculation est rédhibitoire. Il y a le coût de ce stage évidemment, de 200 euros à 400 euros parfois, facturé par les chambres des métiers. Mais surtout, qui peut consacrer ces jours de formation à une toute petite activité qui peut-être sera arrêtée rapidement en cas d’insuccès ?

Prévisions pour les prochaines années

Si les contraintes précédentes ne sont pas allégées, l’évolution du nombre de micro-entreprises ne devrait pas varier dans le bon sens... En effet, il existe un très grand nombre de micro-entrepreneurs qui se sont inscrits à ce statut, mais sans jamais avoir réellement lancé leur activité. Aussi, toutes ces entreprises fantômes devraient rapidement disparaître. Or personne ne remplacera ces chiffres un peu vides, car les contraintes à l’entrée du statut sont devenues couteuses :
- financièrement,
- en terme de temps à consacrer pour son inscription au RCS ou RM, le stage de gestion...

Mais surtout, un problème majeur est découvert à la fin de chaque année par des micro-entrepreneurs : après deux années d’exonération, un micro-entrepreneur devient imposable à la CFE. Ces quelques centaines d’euros de taxe à payer au mois de décembre sont une véritable douche froide. Alors bien souvent ces entrepreneurs continuent leur activité, car il est trop tard pour arrêter, l’échéance de la CFE étant le 15 décembre. Mais l’année suivante, si le résultat de leur activité secondaire n’est pas suffisant, l’impression de travailler pour rien conduit rapidement à une suppression d’entreprise.

Conclusion sur les réformes prochaines

La baisse du nombre d’entreprises créées jouant sur les chiffres du chômage, elle explique le revirement d’opinion du président Hollande qui a décidé, derrière son ministre Macron, de relancer le nombre d’auto-entrepreneurs et d’assouplir l’accès à ce statut (à suivre dans nos autres articles publiés dans ce dossier Actualités).



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