Micro-entrepreneur et micro-entreprise

Calcul seuil de rentabilité

A noter que le seuil de rentabilité et le chiffre d’affaires critique sont un seul et même chiffre. Le seuil de rentabilité est donc un montant de chiffre d’affaires. Il s’agit de celui en deçà duquel l’entreprise est en pertes, et au-delà duquel des bénéfices sont dégagés.

Mise en évidence du seuil de rentabilité

Plus une entreprise réalise de ventes, plus elle a de chances de devenir bénéficiaire. Mais cette évidence n’est pas toujours démontrable. Ainsi, une entreprise peut être structurellement déficitaire. Une autre peut, dès les premières euros de chiffre d’affaires, devenir bénéficiaire (dans le cadre de l’auto-entreprise notamment où les charges fixes sont parfois nulles).

Entreprise structurellement déficitaire

Une entreprise déficitaire du fait même de la structure de son activité augmentera son déficit au fur et à mesure de l’augmentation de ses ventes. Par exemple, un constructeur automobile qui perd 300 euros par véhicule produit dans une usine accumulera des pertes proportionnelles au nombre d’unités produites.

Une activité ou un produit structurellement déficitaire est à identifier pour être supprimé ou pour que l’organisation de sa fabrication soit revue.

Entreprise structurellement bénéficiaire

A l’inverse, dans la plupart des cas une activité est destinée à être bénéficiaire. Par exemple, l’entrepreneur qui achète et revend une marchandise, acquise 10 euros et revendue 15 euros, gagne 5 euros par vente.

Mais son entreprise ne dégagera pas pour autant un bénéfice dès la première vente. En effet, le gain précédent est calculé sur les charges variables (se reporter à notre article sur les charges variables et fixes), il s’agit simplement de la marge sur coût variable.

Maintenant, cette marge doit être suffisante pour couvrir les charges fixes de l’entrepreneur, par exemple :
- le loyer du local,
- l’amortissement des immobilisations (de l’aménagement de ce local, d’un véhicule professionnel),
- des taxes (CFE)...

Ainsi, le seuil de rentabilité, c’est le montant des ventes pour lesquelles la marge réalisée permet de couvrir l’ensemble des charges fixes, et donc d’atteindre un bénéfice. A partir de ce seuil, aussi appelé chiffre d’affaires critique, les charges fixes étant alors "totalement amorties", la marge réalisée correspondra au bénéfice encaissé.

Exemple de calcul d’un seuil de rentabilité

Poursuivons notre exemple précédent. Après la détermination du chiffre d’affaires prévisionnel et des charges fixes d’une nouvelle activité, un entrepreneur calcule son chiffre d’affaires critique.

Rappel des données :
- Marge globale de 58%,
- Charges fixes annuelles de 15.000 euros,
- Rémunération attendue de 18.000 euros, entraînant des cotisations sociales de 5.400 euros

Au total, la marge dégagée doit couvrir un total de charges de 15K€ + 18K€ + 5,4K€ soit 38.400 euros.

Or pour 100 euros de vente, l’entrepreneur ne conserve que 58 euros après paiement des charges variables. Pour couvrir ses charges fixes, il doit donc atteindre un chiffre d’affaires critique de :
Seuil rentabilité = total charges fixes / pourcentage de marge sur coûts variable
SR = 38.400€ / 58%
SR = 66.200€

Ce seuil de rentabilité de 66K€ indique que l’entreprise commencera à dégager des bénéfices une fois passé ce niveau de ventes, en notant que la rémunération de l’entrepreneur est déjà incluse dans les charges à couvrir, et donc que les bénéfices pourront être utilisés :
- ou bien pour financer la croissance de l’entreprise,
- ou bien pour rémunérer l’entrepreneur sous forme d’une rémunération exceptionnelle (ou de dividendes dans une EIRL ou société soumise à l’IS).



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