Micro-entrepreneur et micro-entreprise

Etudier son marché

Faire son étude de marché demande beaucoup de temps, et une grande honnêteté face à des résultats qui ne viennent pas toujours confirmer un projet de départ qui doit justement être modifié au fur et à mesure des informations recueillies.

Comment choisir le secteur d’activité ?

C’est en premier lieu la compétence du créateur qui sera le facteur déterminant dans le choix de l’activité à exercer. Plusieurs points sont à étudier :
- les caractéristiques du produit ;
- les points forts par rapport à la concurrence ;
- les lacunes du produit ;
- la valeur ajoutée (marge brute - charges externes) ;
- l’originalité de l’idée ;
- éventuellement, la réglementation du secteur d’activité.

Mais d’une manière générale, il est préférable que l’activité présente une forte valeur ajoutée et qu’elle ait des points forts par rapport à la concurrence.

L’étude de marché

Une fois l’idée trouvée, il est indispensable de faire une étude de marché pour savoir si le projet est viable et si des débouchés suffisamment larges existent pour couvrir les dépenses et financer les investissements. Pour la mener à bien, on doit se poser un certain nombre de questions ; mais une étude de marché ne peut apporter des réponses précises que si le créateur d’entreprise s’est posé des questions précises.

Les questions à se poser

Il est donc important de dresser une liste de toutes les informations pertinentes et importantes utiles à la décision considérée. On peut entre autres se poser les question suivantes :

  • Quels vont être les clients ?
  • Quelles vont être les attentes de cette clientèle potentielle ?
  • Comment est-elle située territorialement ? Le marché est-il local, régional, national, international ?
  • Comment peut-on évaluer les besoins du marché sur une période donnée, par exemple annuellement ? Quelle peut être son évolution ?
  • A quelle cadence les acheteurs seraient-ils susceptibles de renouveler leur achat ?
  • Quelle est la concurrence ? Comment se comporte-t-elle ?
  • Quelles sont les conditions de l’environnement, technologiques, économiques, juridiques, culturelles, politiques qui peuvent toutes influencer la demande et son évolution ?

Du long questionnaire que l’on établira, il faudra ensuite extraire les questions qui semblent les plus importantes.

Faire son étude de marché soi-même

Ensuite, on devra partir à la recherche des informations pour trouver les réponses. Pour cela, deux solutions sont possibles :
- ou bien faire faire ce travail par un professionnel des études de marché, ce qui pourra éviter des recherches souvent fastidieuses mais coûtera sans doute quelques milliers d’euros,
- ou bien faire le travail soi-même.

Si l’on décide de faire cette étude seul, il faut surtout veiller à rester parfaitement objectif, et ne pas retenir seulement les informations qui valident le projet. On pourra alors utiliser les techniques suivantes :

  • Poser un questionnaire dans la rue, par téléphone, email, ou par courrier, à un échantillon représentatif de personnes sur les motivations et les habitudes d’achat. Le problème sera d’obtenir un échantillon parfaitement représentatif du marché.
  • Dans le cas d’un produit nouveau, étudier les réactions et les motivations d’un groupe restreint de personnes.
  • Dans le cas d’un bien industriel, démarcher les entreprises pour établir la liste de commandes potentielles.

Où obtenir des informations pour son étude de marché ?

Dans tous les cas, on pourra s’adresser directement aux organisations professionnelles, ou associations, pouvant fournir des informations souvent gratuitement, tels :

  • l’INSEE ;
  • les centres de documentations des CCI ;
  • la confédération générale des PME ;
  • le Centre d’études sur le commerce et la distribution ;
  • l’Association nationale pour le développement des techniques de marketing ;
  • les syndicats professionnels ;
  • la Banque de France ;
  • le Centre Français du Commerce extérieur ;
  • les ministères.

Etude de marché par une junior entreprise

Pour faire faire son étude de marché, on peut recourir à moindre coût aux services des juniors entreprises des Grandes Ecoles de Commerce, de l’Institut de gestion et des Facultés. Se renseigner auprès de la Confédération Nationale des Juniors-Entreprises, à Paris, qui pourra indiquer les Juniors Entreprises régionales.

Quoi qu’il en soit, l’analyse de synthèse résultant de l’étude de marché est très importante et les chances de succès de l’entreprise en dépendent. Il ne faut donc rien laisser dans l’ombre, et prendre certaines précautions dans l’interprétation des chiffres : par exemple, tenir compte du développement du secteur (il est plus facile de se faire une place sur un marché à fort taux de croissance que sur un marché stagnant), de la situation conjoncturelle...

Le choix de l’implantation géographique

Celui-ci ne peut résulter uniquement des convenances personnelles de l’entrepreneur : les coûts d’installation, les contraintes du projet, le marché, les ressources et l’environnement doivent également être pris en compte.

Il sera important de tenir compte de :
- la proximité de la clientèle ;
- les voies de communication ;
- des conditions de développement propres à la région et aux conditions d’octroi de subventions ou primes en faveur des nouvelles sociétés ;
- des conditions de recrutement de la main-d’œuvre ;
- de la qualité de vie.

Une fois déterminé le lieu géographique où l’on s’installera, le choix de l’emplacement du local sera lui aussi important. Il devra être bien situé par rapport à la clientèle et aux voies de communication.

La protection de l’idée

Si la future activité a pour but l’exploitation d’un produit nouveau, l’une des premières démarches à effectuer est de s’assurer une protection industrielle contre les attaques déloyales de la concurrence, et ce par le dépôt d’un brevet et/ou d’une marque à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).

Mais attention, avant tout dépôt, il faut faire une recherche d’antériorité pour savoir si la marque pressentie est disponible ou si le produit nouveau n’a pas déjà été découvert par une autre personne. Pour le vérifier, on peut utiliser le système automatique de recherche d’antériorité de l’INPI qui donnera sa réponse sous 48 heures.

On ne saurait trop insister sur l’importance de la protection de l’idée, car lorsqu’une invention a été divulguée, elle entre dans le domaine public et toute personne intéressée peut alors l’exploiter librement. la rédaction et la demande de brevet est un travail qu’il vaut mieux confier à un conseil en brevet d’invention (la liste de ces conseils est disponible sur le site de l’INPI). Le coût est assez élevé (environ 800 euros), mais pour son financement on peut éventuellement obtenir une aide auprès de l’ANVAR.

Il faut savoir ue les dessins, modèles ou autres objets se distinguant de leurs similaires par une forme originale peuvent être également déposés à l’INPI.

L’apport de fonds personnels

Il est important d’ores et déjà de recenser quels sont les fonds que l’on peut apporter personnellement à l’entreprise. En effet, le créateur d’entreprise ne trouvera de prêteur que s’il investit lui-même un minimum. Ce n’est d’ailleurs pas le montant lui-même qui est important, mais son importance par rapport à la capacité d’investissement.

A noter que cet apport permettra de financer les acquisitions d’immobilisations (comme expliqué dans notre article suivant) mais aussi, et il ne faut pas l’oublier, le BFR.



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